22
Νοέμβριος
2011

Δημοσιότητα

Interview de Thomas Ligas par l'ambassade de France en Grèce (consulat general de France a Thessalonique)

 

 

Portrait du mois

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M. Thomas Ligas : l’anti Mondovino !

La Grèce du nord a une grande tradition viticole depuis l’antiquité. Euripide dans sa dernière œuvre les Bacchantes, créée et présentée à Pella pour le grand-père d’Alexandre, a illustré ce lien entre les vins de la région et Dionysos, né à Larissa en Thessalie, adoré à Drama en Macédoine, et grand protecteur des crus de Thassos . Aujourd’hui une production de qualité caractérise autant les grands producteurs de vin que les petits viticulteurs qui s’attachent à produire des vins fidèles à ce terroir, riche et généreux de la Grèce du nord. Thomas Ligas, marié à une Française, Evelyne, professeure à l’Institut Français de Thessalonique, et père de jumeaux qui suivent ses traces œnologiques, a développé un vignoble à Giannitsa-Pella, à cinquante kilomètres de Thessalonique. A la demande du Consulat général, il a présenté ses vins et ceux de la région aux journalistes français invités ici par le Louvre et l’Office du Tourisme grec de Paris (dont le très connaisseur Marc Lambron) à l’occasion de l’exposition prévue en octobre à Paris sur le thème « La Macédoine antique : au royaume d’Alexandre le Grand ».

  • Quel est le parcours qui vous a conduit à créer ce vignoble ?

C’est d’abord mon départ comme étudiant pour la France. L’Allemagne ne m’attirait pas, l’Angleterre était trop chère… et la France et le français me plaisaient. Ensuite, j’ai choisi Montpellier car je voulais aller au sud et rester dans un cadre philhellène… J’ai commencé des études de biochimie mais je ne me voyais pas continuer dans la lumière des labos et j’ai donc intégré l’Ecole d’œnologie, d’où je sorti avec le DNO, Diplôme National d’Œnologie, en 1980.

  • Pourquoi Giannitsa – Pella ?

Ma famille est originaire de la ville de Giannitsa à côté de Pella, dans cette région de Macédoine à forte tradition agricole. Elle cultivait la terre et faisait de la polyculture habituelle (coton, maïs, céréales, tabac…) depuis l’assèchement des lacs par les spécialistes anglais et français au début du XXe siècle. Après nouvelles études et expérimentations, il est apparu possible de replanter des vignes, en commençant par un hectare et demi. Je m’occupe et vinifie aujourd’hui, avec deux employés permanents, des raisins d’environ 15 hectares appartenant au domaine et à une équipe d’agriculteurs des environs proches, tout en culture biologique. Pour moi, ce lien à la terre est fondamental. Je me suis fixé comme but de faire « réfléchir » ce terroir dans un verre de vin. Nos vins de Macédoine sont très typés, bien ronds, avec du corps et proviennent de cépages très particuliers comme roditis , assyrtiko, kydonitsa, xinomavro, limniona … Pour moi il s’agit de conserver un caractère du terroir , une personnalité des produits unique.

  • Quelle est votre production actuelle ?

Le domaine Ligas produit 80 000 bouteilles par an, surtout du blanc (40 000 bouteilles), mais aussi du rouge (environ 30 000 bouteilles) et le reste en rosé. Je pense que cette dernière production a un bel avenir, car le rosé s’allie à merveille avec la cuisine méditerranéenne Nous avons commencé dès le début par un vin organique, non seulement respectueux de l’environnement mais aussi bien développant ses propres caractères aromatiques et gustatifs sur la pellicule du raisin, et j’évite les manipulations excessives. C’est l’authenticité qui doit guider notre production, d’autant plus que notre étiquette porte « Pella », appellation géographique protégée.

  • Quels sont vos débouchés ?

On peut trouver nos vins dans les meilleurs restaurants de Thessalonique comme « Aïoli » sur la place Aristote, haut lieu de gastronomie régionale, ou dans des bars de qualité comme « Room 22 », ou des hauts lieux de la vie thessalonicienne tel « Zythos, Doré », « kourdisto gourouni ». Mais on les trouve aussi à Athènes où des cavistes les distribuent. Pour l’heure nous exportons, en faible quantité (environ 5%), de la France au Japon en passant par la Suisse, l’Allemagne, la Belgique et l’Autriche. Nous espérons porter ce chiffre à 20-30% de la production. L’effort de promotion des vins de la région a été important ces dernières années avec l’Association des vignerons de la Grèce du nord qui a profité du dynamisme de Ioannis Boutaris. La mise en place des routes du vin avec des caves ouvertes aux visites et proposant des dégustations a été une étape importante.

  • Quels vins conseillez-vous en dehors des vôtres ?

Goûtez et dégustez le « Pella » de Ligas … mais on peut faire confiance à des valeurs sûres comme l’Amyndeo, Rapsani et Porto Carras. Je voudrais aussi mentionner entre autre le « ktima Voyatzis » créé par un œnologue grec formé à Bordeaux ! Il faut respecter ces vins qui ont un excellent rapport qualité-prix, dimension qui est parfois un peu perdue de vue en Grèce.

  • Comment voyez-vous l’avenir pour votre vin ?

Notre développement est très favorable et je fais confiance à notre capacité à exporter. Tout d’abord notre cave est très bien équipée au niveau technologique, ensuite nos prix sont toujours très intéressants et bientôt nous démarrerons l’e-shop. Nous sommes dans une demande de qualité constante et je vois la relève assurée par mes enfants qui étudient la viticulture et l’œnologie … à Montpellier. Par ailleurs, le changement climatique actuel ne pose aucun problème aux vins de la région puisque l’eau nécessaire pour la vigne y est rassurée.

  • Vos projets ?

Pour l’heure, je dois me rendre à la rencontre annuelle des « Vignerons, pères de jumeaux » dans le Péloponnèse dont je suis le président. Notre association compte 22 membres. Pour le proche avenir créer, à l’aide de la nouvelle génération dynamique, des nouveaux produits pour satisfaire aux besoins du nouveau monde. On peut donc dire que la viticulture grecque a une relève assurée !

 

source:http://www.ambafrance-gr.org/Portrait-du-moisM-Tomas-Ligas-l